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La Vieille Ecole

La Loi Guizot de 1833 sur l’enseignement primaire fait obligation à toute commune d’entretenir une école primaire élémentaire. Il faudra pourtant attendre 1857 pour voir se réaliser à HESMOND l’école.

L’unique salle de classe était desservie par 2 portes : l’une pour les entrées et sorties des garçons, l’autre pour les filles.
Pendant les récréations, les filles jouent dans la cour, les garçons dans la rue.

Pendant 100 ans, jusqu’à la construction de l’école actuelle en 1954, le mobilier classique ne varie guère.

Les FAUQUEMBERGUE :
En 1857, le nouvel instituteur d’Hesmond est Pierre Antoine Fauquembergue.

Après avoir été précepteur des enfants du Notaire d’Aix-en-Issart, il était revenu à Hesmond pour succéder à son père François Fauquembergue, cordonnier instituteur depuis près de 40 ans dans ce village qui lui même avait succédé à son père Pierre Fauquembergue cordonnier instituteur qui lui même avait succédé à son père Pierre Fauquembergue, cordonnier né à Hesmond vers 1720.

Pierre Antoine Fauquembergue n’est plus cordonnier. Sans doute le curé a-t-il demandé et obtenu de la municipalité la construction de cette école.

La Loi Falloux de 1850, ayant octroyé l’enseignement à l’Église, l’instituteur, se trouve sous l’autorité directe du curé, il est également chantre, clerc (c’est-à-dire sacristain) et sonneur de cloche et bien sûr secrétaire de mairie

Pierre Fauquembergue est célibataire et ses fonctions à l’église lui font souvent rencontrer Sophie ROYEZ, la bonne du Curé Théodore ROYEZ dont elle est la nièce. Sophie, à 34 ans, est toujours célibataire. Le curé s’opposait-il à son mariage ? Ou bien ne voulait-elle pas quitter son oncle ? Toujours est-il qu’en 1856, quelques mois après le décès du prêtre Pierre et Sophie s’unissent par le mariage.

De cette union, 9 ans plus tard, naîtra une fille : Hortense. Elle aurait pu avoir un frère mais il ne vécut que 3 ans. Hortense sera donc fille unique et le nom des Fauquembergue va s’éteindre à Hesmond.

En 1882, Pierre Antoine Fauquembergue prend sa retraite, il n’a que 56 ans, mais 1882, c’est l’année où, sous l’impulsion de Jules Ferry, naît l’Ecole de la République : elle devient obligatoire, gratuite, laïque. Peut-être Fauquembergue redoute-t-il d’avoir à enseigner dans cette école sans Dieu, cette école du diable.

Hortense est encore très jeune puisqu’elle n’a que 17 ans. Il semblerait pourtant que son père ait nourri pour elle l’espoir de lui voir épouser son successeur ou l’un de ses successeurs, car encore fallait-il qu’il convienne. Or justement les premiers successeurs ne conviennent pas. Celui-ci est jeune, mais marié, celui-là célibataire mais trop vieux, tel autre peut-être trop laid ou trop laïque.

Arrive enfin Henri Emile LOUCHET, beau jeune homme de 30 ans portant moustaches élégantes. Hortense a maintenant 23 ans.

A défaut d’avoir un fils instituteur, Pierre Fauquembergue aura donc un beau-fils instituteur ; peut-être un jour un petit-fils instituteur.

De cette union avec Hortense naîtra 4 ans plus tard un fils unique, Ernest.

Ernest n’a que 18 ans lorsque son père meurt brusquement en classe d’une congestion cérébrale.

Surprotégé par la mère ou pour remplacer le père trop tôt disparu, Ernest ne quittera jamais « Maman » qui décédera en 1952, 40 ans après son mari.

Jusqu’à 78 ans, Ernest demeurera dans la maison familiale voisine de l’école et s’éteindra paisiblement sans jamais avoir exercé la moindre profession.